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REPORTAGE

 LES CUIVRES DANS LES ORCHESTRES DE VARIÉTÉS

 




Malgré certaines restrictions et annulations dues aux conditions météo et à la sècheresse notamment pour les feux d’artifices.. ( voir autre reportage).. On a pu , comme chaque été apprécier divers orchestres de variété dans les festivités. Je ne parle pas de ‘groupes’ où il n’y a que rythmique et chant , mais bien d’orchestres avec section de cuivres. 




Les « rois du punch » : dans les coulisses des pupitres de cuivres de la variété populaire
Ils ne sont pas au centre de la scène, pourtant ce sont eux qui font vibrer le public. Trompettes, trombones et saxophones forment l’épine dorsale des grands orchestres de bal et de variété.
Immersion au cœur d'un pupitre où la puissance physique s’allie à une précision d’orfèvre.

 
Derrière les projecteurs qui éclairent le chanteur vedette, une ligne de pavillons dorés s'agite en cadence. À peine le refrain commence-t-il qu'une décharge d'énergie pure traverse la place : une salve de notes aiguës, nettes, percutantes. Dans l'univers de la variété populaire — du disco des années 70 aux tubes actuels de la pop ou du funk, le pupitre de cuivres est bien plus qu'un simple accompagnement. C'est le moteur thermique du spectacle.

 

Une mécanique de haute précision

Sur le papier, la section regroupe des instruments aux caractères bien trempés. En première ligne, les trompettes dictent le tempo en accord total avec le batteur et la précision du ‘charlé’... Menées par le « lead », elles montent chercher des contre (jusqu'à des bi)-uts stratosphériques pour percer le mur du son des guitares saturées. Juste à côté, les trombones apportent la rondeur, le ‘gras’  et l'assise rythmique, tandis que les saxophones (qui, bien qu’appartenant à la famille des bois, font corps avec la section) lient le tout grâce à leur velouté et leur agilité dans le groove.

Jouer en section, c’est essayer de ne former qu'un seul instrument avec un son homogène, comme un pianiste qui plaque un accord où chaque doigt est un musicien, pas un plus fort que l’autre, ensemble. Cela demande une discipline d’écoute permanente les uns des autres..  Il faut respirer ensemble, attaquer  et arrêter les notes à la milliseconde près et adopter exactement le même phrasé, les nuances, un peu boudées actuellement à mon goût, c'est dommage pour la musicalité.. . Si un seul musicien décale un de ces éléments, alors toute la dynamique s’effondre. C’est tout à fait ce que nous travaillions avec précision dans les années 90 lorsque j’étais responsable d’un orchestre de haut niveau à cette époque.. On a du mal à supporter ceux qui jouent seuls pour eux mêmes, fort dans les retours sans s’occuper des autres..   il n'y avait pas encore les hears individuels..chez nous pas de retours.. si, si !  mais ils n'étaient pas branchés !!! et servaient uniquement de pupitres pour poser les partitions,  je demandais à ce que chacun écoute l'autre en 'live' sans forcer, juste avec la pression et le son naturel ( pas trafiqué ni avec des reverbs trop aériennes qui faussent tout) .. Alain Cazcarra, Erick Poirier, Valery Luczynski, Frédéric Ferry, Jean-Marie Oriol, Fred Varot, Laurent Coly, Frédéric Huertas, Jean-Marc Celma ou encore Jacques Boutinaud vous le diront !


 

Un marathon physique et invisible

Si le public retient souvent l'aspect festif et les chorégraphies synchronisées des danseuses et des chanteurs, parfois des musiciens, la réalité des coulisses s'apparente à une discipline d'athlètes de haut niveau. Un concert de variété populaire dure souvent de deux à plus de quatre heures, un rythme soutenu où les interventions — appelées « riffs » ou « stabs » — demandent une pression d'air soutenue..
L’embouchure, cette petite pièce de métal appuyée contre les lèvres, ou le bec avec une anche à maintenir sous pression avec la bouche, devient le muscle le plus sollicité de la soirée. Quand on sait la fragilité de la peau fine de cette partie du corps. Enchaîner trente à cinquante dates en deux mois de festivités met les organismes à rude épreuve. « C’est de la gestion de l'effort constante », confie le trompettiste ‘Patrick Bailly’ qui utilise des produits ’endorsés’ justement pour préserver et décontracter ce muscle. « Il faut envoyer de la puissance sans se "tuer" les lèvres dès le troisième morceau, sous peine de ne pas pouvoir tenir la soirée. »





Les gardiens de la culture du bal et de la variété.

Cette science du spectacle et du gros son s’est forgée sur le terrain, en particulier dans la grande tradition française des orchestres de bal populaire. Qui dans les années 70 ont imité les sections rythm’n blues puis funk des vedettes américaines. Des formations mythiques parcourant les régions pour les fêtes votives ont servi de laboratoire pour des générations de musiciens, on pense notamment à René Coll. C’est là que s’est transmis l'art de passer, en un instant, d'un arrangement disco ou funk millimétré à un standard de la chanson française, ou d'un paso-doble bien senti.. à solo de sax-rock endiablé. .. quand ils ne sont pas en ’nappes’ pour soutenir le volume et le son de l’orchestre. Pour les néophytes, les ’nappes’ sont des accords tenus en soutien aux harmonies, au contraire des riffs incisifs qui ponctuent et cisellent avec énergie les phrases musicales.
Aujourd'hui, alors que les productions modernes intègrent massivement l'électronique et les synthétiseurs, la présence physique d'un vrai pupitre de cuivres reste irremplaçable sur scène. Le public ne s'y trompe pas : lorsque les pavillons se lèvent à l'unisson vers la foule, c'est tout l'orchestre qui bascule dans une autre dimension, celle de la fête authentique et vibrante. Surtout lorsque les arrangements sont originaux et travaillés de façon précise au niveau des phrasés et de la mise en place. ( je ne parle pas de la justesse, c’est rare mais on a entendu cet été des pupitres pas super accordés ou pas super en place .. c’est un peu dommage ..)

Parmi les orchestres écoutés récemment ils y avait une section assez complète avec au moins : trompette(s), saxophone(s) et trombone(s) chez New-Zik, Trait-d’Union-Perrier, Bernard Becker , Paul Selmer ou Jean Ribul (qui malheureusement arête en cette fin d’été 2026). On a pu également entendre des orchestres avec seulement 2 cuivres un sax et un trombone pour Sacré soirée ou un sax et une trompette chez Cocktail de Nuit ,  Alméras, Eric Ferrari, Gold Star.. . Il y a aussi les orchestres catalans qui eux sont basés sur les ’soufflants’ , 12 exactement, comme le veut la tradition des orchestres de sardanes  .. ils jouent quasiment en permanence voir autres reportages sur ces formations.



Je remercie tous les musiciens qui, comme moi sont des fervents défenseurs du maintien de cette culture des pupitres de cuivres ‘populaires’ et plus généralement du spectacle vivant que nous soutenons avec Orange et Rose.






b.delmas pour Orange et Rose, juillet, août et sept 2026

















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